La loi portant principes fondamentaux relatifs au secteur agricole, très utile pour le paysan

Le Potentiel du 28/12/2010

En discussion au parlement, la loi portant principes fondamentaux du secteur agricole s’avère d’une grande utilité pour les paysans congolais, et sa vulgarisation doit passer par les organisations paysannes ou les médias. « La loi portant principes fondamentaux du secteur agricole est très utile pour les paysans et les organisations d’appui sont nécessaires pour rendre compréhensibles certains résultats de recherche auprès des paysans, car entre paysans le message passe vite, qu’entre un universitaire et un paysan». Ces propos ont été tenus par M. Ernest Kuyengila, directeur de Prefed, une ONG accompagnant les mouvements paysans lors de l’atelier de formation des journalistes agricoles pour la promotion de l’agriculture en RDC, organisé par le Cenadep.

Il a en même temps souhaité que cette loi en discussion actuellement à l’Assemblée nationale après son adoption au Sénat, soit traduite dans les quatre langues du pays pour permettre à tous les agriculteurs, et aux paysans de connaître leurs droits et devoirs.

AVANTAGES

Il sied de noter que la loi agricole vise à favoriser la mise ne valeur durable des potentialités et de l’espace agricole par l’instauration d’un régime douanier et fiscal particulier dans le but d’atteindre, entre autres, l’autosuffisance alimentaire et de relancer les exportations des produits. Afin de générer des ressources importantes pour les investissements. La loi poursuit également le but de promouvoir l’industrie locale de transformation des produits agricoles, d’attirer de nouvelles technologies locales d’énergie renouvelable, ainsi que d’impliquer la province, l’entité territoriale décentralisée et l’exploitant agricole dans la promotion et la mise en œuvre du développement rural. La même loi prévoit, pour ce faire, la mise en place d’un cadastre agricole au niveau des provinces, la création d’un conseil consultatif national et des conseils consultatifs provinciaux, la création d’un comité foncier agricole au niveau de chaque territoire décentralisé. Sont également prévues, certaines exonérations de taxes, une politique de prévention et de gestion des risques majeures et des calamités agricoles, la création d’un fonds national de développement agricole dont les ressources seront mises à la disposition des banques commerciales et des IMF, procédures pour l’exploitant industriel afin de veiller à l protection de l’environnement.

QUID DE LA VULGARISATION

Au regard de tous ces avantages, cette loi nécessite vraiment d’être vulgarisée à tous les niveaux du secteur agricole. Mais à qui revient cette tâche ? Répondant à cette question, M. Alain Huart a fait savoir que la vulgarisation du projet de loi portant principes fondamentaux du secteur agricole ne relève plus du ministère de l’Agriculture. En effet, a-t-il souligné, les articles 52 et 53 de ce projet de loi recommandent au ministère de l’Agriculture de coordonner et de divulguer les résultats de recherche agronomique. « Le ministère ne fait plus la vulgarisation, car dans le cadre de sa réforme, il va encadrer la vulgarisation des résultats de recherche », a affirmé Alain Huart qui a travaillé dans le projet de restructuration du ministère de l’Agriculture. Tout en reconnaissant, par ailleurs, que les résultats de recherche sont utiles aux paysans, il a fait savoir que cette tâche doit revenir aux organisations paysannes ou à une association des journalistes comme celle qui est en gestation, car ce n’est plus une tâche régalienne pour ce ministère. « Dans le temps, les différents services de l’Etat remplissaient cette tâche, c’est le cas du Service national de vulgarisation, mais avec le désordre qui règne aujourd’hui dans le pays, ces services ne sont plus opérationnels, » a-t- il dit, Inscrit dans la même logique », a poursuivi M. Ernest Kuyengila. Et d’ajouter : «actuellement, beaucoup d’ONG sont directement en contact avec les universités au Nord- Kivu, le travail de vulgarisation se fait sans le concours du ministère de l’Agriculture. » « L’université congolaise peut vulgariser les résultats de recherche, mais je pense qu’il faut établir des partenariats entre les organisations des paysans et les universités», a souligné de son côté, le professeur Paulus Jacques du département de l’environnement de la faculté de science de l’Université de Kinshasa. Selon lui, l’université apporte les compétences, les paysans indiquent le terrain pour la vulgarisation.

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4 commentaires pour La loi portant principes fondamentaux relatifs au secteur agricole, très utile pour le paysan

  1. ROGER PHOLO MVUMBI dit :

    je suis d’avis que cette loi devra être vulgarisée par les organisations paysannes car le Ministère de tutelle refuse de comprendre parfois le rôle combien salvateur que joue cette catégorie des personnes pour l’auto-prise en charge des communautés sinon de tout le pays car nous n’avons cesser de crier aux oreilles de qui veut nous entendre qu’il n’y a pas des pays sans paysans et cela étant l’État devra être plus regardant sur celui là même qui fait sa fierté dans la lutte contre la sous alimentation.Que cette loi vienne renforcer le partenariat qui régir ces deux partenaires à savoir l’État et le paysan .Que cesse ces tracasseries inutiles qui règne dans ce secteur sensible comme pour confirmer le vieux adage » ventre creux n’a pas d’oreilles » et donc il ne faut pas leurrer sur ce point.L’agriculture devra rester le seul plus grand chantier sans lequel la paix sociale ne sera jamais garantie. Roger Pholo journaliste et défenseur des droits humains à l’alimentation . 243-998218472

  2. Frans van Hoof dit :

    Je suis tout à fait d’accord avec Roger Pholo, il reviendra aux Organisations Paysannes de vulgariser cette loi car c’est elles qui en connaissent l’importance pour les paysans, mieux que quiconque. Il est en outre vrai que le plus vite possible un partenariat dynamique doit s’établir entre les faitières des organisations paysannes et l’Etat, et particulièrement entre les leaders paysans des différentes provinces et le Chef de l’Etat et les ministres de l’Agriculture et du Développement Rural, tel que souhaité par les leaders lors du Carrefour Paysan à Kinshasa (début décembre 2010).

    Dans l’entretien exclusif que le Président Kabila a eu avec Mme Collette Braeckman (Le soir du 7 décembre 2010) le premier signale que sa priorité no. 1 c’est l’agriculture car 65% de la population vit en milieu rural. Malheureusement pour lui la voie de développement de cette agriculture c’est sa mécanisation par des tracteurs. Milles tracteurs en 2010 et mille autres de prévus pour 2011. Or dans ce même Carrefour paysan , les leaders dans leur déclaration finale lui avaient fait savoir que la mécanisation par des gros tracteurs n’est pas la seule voie de modernisation de l’agriculture et que des alternatives méritent de recevoir son attention. Est-ce que la déclaration lui était bien parvenue? Est-ce qu’il en avait pris connaissance?
    Cela montre l’importance d’un dialogue périodique, comme l’ont reclamé également les leaders paysans, entre le Chef de l’Etat et une délégation des leaders paysans pour faire le point le développement agricole, et pour partager les visions qui pour le moment ne semblent pas encore converger.
    Donc au délà du travail de lobbying sur la loi agricole, la cellule que les O.P. ont installé à Kinshasa pour maintenir la pression sur la commission concernée de l’Assemblée Nationale pour que la loi passe pendant cette session, devra également rappeller aux uns et aux autres leurs souhaits contenus dans la déclaration finale du Carrefour Paysan.
    Le lobbying politique n’est pas une action momentanée, c’est un travail permanent: se faire voir et écouter, rappeller les exigences des paysans, négocier leur acceptation par ceux à qui elles sont adressées, faire le suivi de cette acceptation pour qu’elle se traduise dans des actions concrètes dans un délai raisonable, etc…

  3. Nous encourageons tout consommateur dans notre pays à vulgariser la loi portant les principes fondamentaux du secteur agricole . car il est vraiment necessire d’assurer la défense et la protection des droits en matiére agricole.

    MUSOKO MBUYI PATRICE
    PRESIDENT
    ASSOCIATION DES CONSOMMATEURS DES PRODUITS VIVRIERS .
    TEL: 00243(0)815023698

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