Les paysans exigent la promulgation de la loi agricole avant la campagne électorale

272 délégués des organisations paysannes, venus de 10 sur 11 provinces de la RDC, ont pris part du 20 au 22 Octobre 2011 à la deuxième édition du Carrefour paysan, organisé à Kinshasa au Guest House Kabinda center. Ce carrefour qui s’est tenu dans un contexte électoral, a été organisé par le Réseau pour la Promotion de la démocratie et des droits économiques et sociaux, PRODESS et le Cadre de concertation nationale des producteurs agricoles du Congo, CNAPAC autour du thème centrale : « Paysans, où sommes-nous ? ».

Déclaration finale du deuxième carrefour paysan

Les réflexions et les débats ont débouché sur un certain nombre de recommandations adressées au gouvernement, au Président de la République ainsi qu’au Parlement. Leur première exigence reste la promulgation de la Loi portant principes fondamentaux relatifs au secteur agricole d’ici le début de la campagne électorale qui commence le 28 octobre 2011.

Ensuite, ils ont demandé entre autre au gouvernement de coordonner l’élaboration des mesures d’application de la loi agricole et au Parlement d’amender la loi foncière en faveur des intérêts des agriculteurs familiaux…

Pendant trois jours, les délégués des organisations paysans ont partagé leurs expériences et informations sur l’état des lieux de l’agriculture en RDC et les pistes de solutions pour son développement avec les concours de certains experts et des organisations d’appui.

Au cours des travaux, différents sous thèmes ont été abordés, à savoir : La sécurité foncière qui constitue un problème majeur pour les paysans agriculteurs qui sont souvent victimes du phénomène d’accaparement des terres par des puissants politiques et économiques. Ainsi donc, les paysans sont souvent face aux pressions foncières.

Les paysans ont aussi abordé le sous thème : les paysans congolais face aux importations massives des produits alimentaires. Ces exportations qui inondent le marché local, asphyxient la production agricole locale alors que toutes ces denrées importées peuvent être produites sur place en RDC. Selon Alain Huart, la RDC importe 1 millions de tonnes de vivres par an pour 1 milliard de dollars. Si ces fonds sont utilisés rationnellement dans le secteur agricole, la RDC peut relancer ce secteur et devenir exportatrice des vivres.

Les paysans congolais doivent aussi être partenaires dans l’organisation et la structuration d’un marché intérieur porteur. Pour ce faire, ils doivent avoir des informations nécessaires concernant ce marché. Des producteurs agricoles isolés ne peuvent pas produire en grande quantité et accéder aux marchés internationaux. D’où, la structuration en filières agricoles s’impose en vue d’améliorer non seulement la qualité, mais aussi d’augmenter la quantité.

Les savoirs et compétences paysans existent en RDC, mais les difficultés résident dans le fait qu’ils ne sont pas inventoriés, ni enregistrés dans des banques de données et ni réellement mis en valeur.

Le cinquième sous thème a porté sur la professionnalisation des paysans agricoles qui passe comme une voie de sortie pour que notre agriculture quitte l’étape de subsistance pour une agriculture moderne où l’on cultive non pas pour se nourrir soi-même, mais pour se nourrir et aussi nourrir les autres en misant sur la qualité et la quantité.

Enfin, les paysans ont réfléchi sur les élections qui constituent un droit pour tous, mêmes pour les paysans. Mais, le choix des dirigeants par des paysans ne doit pas être guidé par des dons électoraux (tee short, pagnes, sel, sucre, boissons et autres libéralités électorales) qui apparaissent seulement pendant la campagne électorale. Leurs choix doivent porter sur des dirigeants capables de défendre leurs intérêts et l’agriculture familiale en général.

A chaque sous thèmes sont assortis des recommandations dans les travaux en groupes. C’est ainsi qu’ils ont demandé aussi au gouvernement de respecter des engagements pris dans le cadre de l’accord de Maputo en réservant progressivement au moins 10 % du budget national au secteur agricole ; l’harmonisation de différentes lois qui touchent à l’agriculture ; la réhabilitation des centres de recherches agricoles dans les provinces et les connecter aux dynamiques paysannes ; le renforcement de la mécanisation agricole à tous les niveaux (production, transformation, conservation) ; la facilitation d’octroi des titres fonciers aux producteurs agricoles et l’accès aux intrants.

Au parlement, les paysans ont demandé l’amendement de la loi foncière en faveur des intérêts des agriculteurs familiaux ; le développement d’un nouveau type de relation entre les élus et les agriculteurs basé sur la transparence, la représentation réelle et la redevabilité; l’adoption de la loi portant protection de la production agricole.

La Voix du Paysan Congolais

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Un commentaire pour Les paysans exigent la promulgation de la loi agricole avant la campagne électorale

  1. Jean Damas BULUBULU dit :

    Mon commentaire porte sur le code agricole pour lequel nous exigeons la promulgation avant la période de la campagne électorale.
    Nous sommes en 2004, c’est la réunification du pays après plusieurs années des troubles politico-militaires et comme vous le savez le secteur agricole avait perdu ses repères.Pour ce faire un état de lieux du secteur a été organisé dans toutes les provinces et nous l’avons appelé Revue du Secteur Agricole.Celle-ci nous a permis d’identifier les contraintes qui pèsent sur le développement du secteur agricole, les potentialités et les opportunités.Avec l’appui de nos partenaires au développement, nous avons mis en place la Note de la Politique Agricole de la RDC. Maintenant pour réglementer le secteur agricole pour que celui-joue son rôle de fer de lance pour le développement économique, car il a été démontré que lors qu’on augmente la production de 10%, on réduit la faim de 7% et l’agriculture est le secteur qui crée des emplois qu’on aucun secteur ne peut le faire et aussi créateur des revenus pour l’amélioration des conditions de vie de nos populations.à l’instar des pays; il fallait élaborer le Code Agricole. Celui-ci initié depuis 2007, a connu la participation des experts de plusieurs ministères et plusieurs couches de la population sans oublier l’apport considérable des paysans.Le Code a été adopté au conseil des Ministres et envoyé à l’Assemblée Nationale et au Sénat.Maintenant que le Sénat l’a adopté, il y a plus de raison que cela puisse trainer.D’où nous souhaitons sa promulgation avant la période de la campagne électorale et que l’agriculture puisse figurer à priori dans les chantiers de la République.
    Pour nous le Code Agricole va réglementer le secteur agricole pour permettre aux exploitants agricoles de participer effectivement au développement de notre pays et cela va attirer les investisseurs à investir dans le domine agricole, car le code agricole donne beaucoup d’avantages aux opérateurs agricoles que je ne voudrai pas énumérer ici, l’exonération, intervention de l’État en cas des calamités naturelles, garantie foncière, plus loin le cadastre agricole,etc

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