Les 3,4 % alloués à l’agriculture sont encore insignifiants

Le lundi 27 juin 2012, le budget national a été déclaré recevable à la chambre basse du Parlement, puis transmis à la Commission Economique, Financière et Budgétaire pour examen avant d’être transmis à la plénière pour son adoption. Ce budget s’élève à plus de 8 milliards de dollars américains. L’on a noté une nette évolution par rapport à l’année dernière.

Cependant, les allocations budgétaires sont encore loin de répondre aux besoins sociaux de la population et à ses immenses  expressions. Puisque, seulement 29,49 % de ce budget national (bien que partiel) sont consacrés à l’amélioration du cadre de vie et des conditions sociales de la population.

C’est-à-dire que, la part de crédits budgétaires réservée au social (bien que passé de 17% en 2011 à 29,49 % en 2012 soit une croissance de 12,5 %) prévoit 11,3 % aux ressources hydrauliques et électricité, 6,8 % à la santé publique, 5,6 % à l’éducation, 3 % au transport et seulement 3,4 % à l’agriculture et au développement rural.

Pourtant, 25,59 % de ressources budgétaires sont consacrées aux réformes institutionnelles destinées à renforcer l’efficacité de l’Etat, 18,38 % à la construction et à la modernisation des infrastructures, et 25,19 % à la consolidation de la stabilité macro-économique et à l’accélération de la croissance pour combattre la pauvreté et le chômage.

L’Accord de Maputo exige 10% au moins à l’agriculture

Néanmoins, l’agriculture qui semble être minimisée dans ce budget s’avère de façon prépondérante un secteur porteur de croissance prioritaire. D’ailleurs, selon un accord signé à Maputo (capitale de la Mozambique) entre les pays membres de la SADC avait recommandé que chacun des budgets de ces pays   devait consacrer au moins les 10 % à l’agriculture.

Bien que ce soit un processus progressif, la  volonté politique doit être manifeste. Il faut avant tout se battre pour d’abord améliorer les conditions sociales de la population (comme premier axe prioritaire du programme gouvernemental). Et cela ne passe que par la révolution verte, disons le développement du secteur agricole.

Puis viendra le renforcement du capital humain, avant même le développement des infrastructures et la construction de l’Etat efficace. Car, parler de la redynamisation des principaux secteurs de production, implique en premier lieu l’investissement agricole.

L’agriculture doit être à l’avant-plan de toute action politique en RDC si vraiment on veut la croissance économique et l’amélioration du social. « L’agriculture priorité des priorités » ne peut pas être un slogan creux. Cela doit plutôt être une réalité.

D’autant plus que la RD Congo est un vaste pays à vocation agricole avec une population dont la majorité vit en milieu rural et dépend essentiellement de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Cependant, le pays se trouve aujourd’hui dans une situation sans commune mesure avec ses potentialités agricoles alors que jadis, la RDC était active dans l’exportation des produits agricoles variés. Pour le moment, pratiquement tout est à importer. Même les produits agricoles qui, il y a des dizaines d’années, étaient exportés.

En dépit de ses grandes étendues de terres arables (80 % dont 10 seulement sont mises en valeur), son important réseau hydrographique, sa diversité de climats, son potentiel halieutique et d’élevage considérable, la RDC se classe maintenant parmi les pays déficitaires en matière agricole et de sécurité alimentaire. C’est paradoxal !

Ce paradoxe tenait surtout au fait de l’absence d’une politique agricole cohérente. Maintenant, le pays vient d’avoir une loi agricole qui est l’expression même d’une politique en la matière. Nous croyons savoir que c’est par le biais de cette législation que l’autorité compétente pourra impulser le développement.

Aujourd’hui, que les députés nationaux ont déclaré recevable  ce projet de loi des finances pour l’exercice 2012, lequel n’octroie pas assez de crédits au secteur de l’agriculture (3,4 % seulement), un secteur porteur de développement du pays. Il nous semble que la population congolaise devra encore continuer à serrer la ceinture et à patienter. Même si ce projet de loi est sous examen à la commission économico-financière, sa marge de manœuvre est assez mince pour qu’elle attribue à l’agriculture une proportion de budget assez conséquente.

Néanmoins, nous les invitons tout de même à tenir compte surtout de l’amélioration du social congolais et à retenir que l’agriculture est le plus grand secteur porteur de croissance surtout pour le cas de la RDC.

Lepetit Baende (dans L’Avenir)

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2 commentaires pour Les 3,4 % alloués à l’agriculture sont encore insignifiants

  1. Tundanonga dit :

    Cet article reflète l’obscurantisme politique dans lequel les politichiens tirent la RDC vers le bas, maintiennent la RDC sous-terre: tout est anarchie, tout est anachronisme en RDC.

    Les mentalités, la logique, les comportements, le raisonnement, l’expression écrite et orale; tout est resté figé après le discours inaugural de Lumumba lors du sommet de la Conférence panafricaine de Léo’ville (1960), actuelle ville de Kinshasa.

    Alors que les métiers agricoles et la professionnelle agricole par excellence « cultiver la terre et l’élevage » sont valorisés dans les puissances agricoles du monde: USA, Union européenne, Japon, chine, Brésil, Inde, Argentine, Corée du Sud et les Tigres asiatiques, alors que les personnes, qui exercent cette profession agricole par excellence sont appelés « AGRICULTRICES/AGRICULTURES » dans l’Union européenne, on continue de les appeller « paysannes/paysannes » en RDC comme à l’époque de l’Etat indépendant du Congo!

    Comme nous l’avions écrit dans ces colonnes, toute puissance industrielle, toute puissance militaire, toute puissance économique est avant tout une puissance agricole: mais, en RDC, tout est mis en oeuvre par le pouvoir politique pour que la RDC ne décolle pas, alors que de son destin (de la RDC) que dépend l’essor et la croissance économique de l’Afrique.

    La part de l’agriculture dans le budget national est ridicule, une preuve flagrante de l’incompétence du ministre en charge de l’agriculture, qui n’a pas pu convaincre ces collègues, faute de vision, faite de plan à court, moyen et long terme. Quel est le rôle de la commission agricole au parlement, pour laisser passer un tel budget pour l’agriculture?

    Les ministères inutiles, les ministères à compètence floue sont aussi une cause, de cette distribution asymétrique du budget. Depuis, le 02/871998, la RDC se trouve dans un état de guerre, donc la RDC connaît de facto une économie de guerre, à laquelle aurait dù correspondre un gouvernement approprié. Comment seront alloués ces 3,4% parce qu’au moins 25% du territoire national connaît un état d’insécurité permanente, qui empêche toute activité agricole?

  2. makengo dit :

    l’agricuture constitue la base du développement. le gouvernemt doit reconnaitre que sens l’agriculture le développement économique de la rdc est hypothetique par ce que l’agricuture sert à mourrir la population et d’input à l’industrie. il doit aussi pensé au route de desserte agricole pour l’évacuation de produits et disponibilisé les mayens de transport pour permettre l’évacuation facile de ces produits qgricoles. la rdc étant un pays a vocation agricole sont développent doit passé par la relance de ce secteur pour une développement durable.

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