La COPADE marche sur Mbandaka – Une marche peu habituelle des paysans

Dans le cadre de la deuxième convention paysanne de la province, les paysans du Sud de la province de l’Equateur ont marché sur les artères de la ville de Mbandaka ce lundi pour réclamer la reconnaissance officielle de leur plateforme dénommée COPADE : Convention Paysanne pour le Développement de l’Equateur. En effet, cette faitière qui regroupe associations, unions et fédérations, souffre de manque de la reconnaissance officielle. Cela l’empêche de fonctionner normalement et de bénéficier de certains avantages.  Les paysans ont marché à leur manière avec des poules, canards, bananes plantains, porcs, poissons, chinkwanges, bidons d’huile de palme, riz… du bureau du Comité de Réveil et d’Accompagnement des Forces Paysannes, CRAFOP jusqu’à l’Institut Supérieur Pédagogique de Mbandaka pour réclamer ce droit.

Le gouverneur de la Province de l’Equateur, Monsieur Jean Claude Bayende qui a tenu à lancer lui-même les travaux de la deuxième convention paysanne a annoncé la signature prochaine d’un arrêté autorisant le fonctionnement de la COPADE. Cette décision a été saluée par des paysans qui disposent déjà des statuts et du règlement d’ordre intérieur validés et signés par tous ses délégués la veille.

Le gouverneur Jean Claude Bayende a fait ces déclarations dans son mot d’ouverture de cette convention qui se tient de 28 au 30 Octobre 2012 à l’ISP/Mbandaka avec une forte mobilisation de près de 700 délégués venus de différents territoires de cette province.

Il a indiqué qu’en dépit de ses potentialités agricoles, il y a encore des enfants mal nourris dans la province de l’Equateur. « Les organisations paysannes doivent travailler en partenariat avec le gouvernement provincial pour lutter contre ce fléau et le sous développement. Car, les organisations paysannes sont les principaux partenaires, sans elles, le développement des villages est nul. »

Jean Claude Bayende a promis de s’investir personnellement pour accompagner les organisations paysannes dans leurs actions visant le développement des communautés locales. Déjà, Il a annoncé les couleurs en promettant une somme de 15.000 Usd aux paysans présents à la convention pour leur permettre d’acheter des machettes, houes, bêches, filets pour leur travail quotidien et dont une partie servira au fonctionnement de la COPADE.

Pour les tracasseries dont sont l’objet les paysans de la part des soldats, policiers et autres services de sécurité, le gouverneur Jean Claude Bayende a dit qu’elles doivent pendre fin. Il a mis en place une espèce de système d’alerte consistant à saisir rapidement les autorités de la police ou de l’armée ou encore du CRAFOP de tout cas de tracasserie afin de localiser le site, d’identifier les auteurs avant de les sanctionner. Car, les tracasseries ne doivent pas avoir droit de cité dans la province de l’Equateur.  Il a enfin visité des produits agricoles comme contribution des paysans à leur convention.

Dans son mot de circonstance, Monsieur Bondoki, vice président du comité de pilotage de la COPADE, a souhaité que « ces assises nous servent de nouveau départ pour la valorisation de notre métier de la terre qui va sans doute, soutenir les efforts des autorités pour la refondation de la province de l’Equateur ». Il a aussi reconnu que l’agriculture est déclarée priorité des priorités, mais dans cette province, l’importance de travail en synergie fait encore défaut : «nous n’avons pas encore et toujours compris l’importance de nous regrouper ou de travailler en associations en vue d’échanger, travailler sur les différents défis et obstacles qui entravent notre existence et métier de la terre. L’individualisme a pris le dessus sur le communautaire ».

Pour Modeste Ishomba, Coordonnateur général de la CRAFOP, la loi agricole a été promulguée par le Chef de l’état en décembre 2011 et entrée en vigueur en juin 2012. Cette loi exige que les paysans s’organisent en mouvement paysan dans le but d’être performants sur le terrain.

En mars 2010, la première édition de la COPADE avait déjà eu lieu rassemblant près de 900 délégués d’organisations paysannes sur le thème : « Les Organisations paysannes face aux enjeux de la décentralisation ». Après cette première convention, certaines recommandations avaient été formulées notamment la restructuration des organisations paysannes et un comité de pilotage a été mis en place. Celui-ci n’a pas fonctionné normalement à cause de manque des textes juridiques. Pour Modeste Pierre Ishomba, Cela a été une épine dans les pieds de la COPADE qui ne permet pas l’implication des organisations de s’impliquer dans le Conseil Consultatif Provincial, CCP.

En dehors du gouverneur, plusieurs autorités ont prix part à cette cérémonie de lancement de la deuxième convention, il s’agit du vice gouverneur, des ministres, du président de l’Assemblée provinciale.

LVPC

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Un commentaire pour La COPADE marche sur Mbandaka – Une marche peu habituelle des paysans

  1. Frans van Hoof dit :

    Très bonne initiative de la COPADE qui confirme que si on s’organise pour faire connaitre ses droits, on augmente la probabilité d’obtenir gain de cause. Maintenant il reviendra aux dirigeants de la COPADE de faire le suivi de ces promesses faites par le Gouverneur!.

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