Vers une solution des conflits entre agriculteurs et éleveurs au Sud-Kivu

L’association paysanne pour le développement intégré  au sud kivu (APDIK) propose une piste de solution aux conflits entre agriculteurs et éleveurs de la plaine de la Ruzizi et d’Itombwe au Sud-Kivu grâce à la création de couloirs conventionnels pour la transhumance. Cet article nous est proposé dans le bulletin inter-OP  de la région des Grands-Lacs.

Depuis longtemps, des informations fiables en provenance de la province du Sud-Kivu font état des conflits ouverts qui opposent les agriculteurs et éleveurs surtout ceux-là qui opèrent dans la plaine de la Ruzizi et les hauts plateaux d’Itombwe. A la suite des fréquents déplacements des troupeaux à la recherche des pâturages ou transhumance. Lesquels en conséquence ravagent les cultures des paysans producteurs le long de leur passage. Certains sont même expressément et volontairement conduits vers les cultures par les bouviers ou bergers. Ce qui rend difficile la cohabitation pacifique entre les agriculteurs et les éleveurs de ces milieux et des environs. En dépit de l’interdépendance qui caractérise les activités de ces groupes d’intérêt paysan.

En conséquence, le cas d’espèce influence la persistance de ces conflits dont les tentatives de résolutions remontent des plusieurs années déjà. Le programme ayant train à la cohabitation pacifique entre les paysans producteurs et les éleveurs en exergue a été mis en oeuvre par le projet d’appui à l’intensification agricole à travers l’interaction de la paix et de la réconciliation entre les agriculteurs et éleveurs dans la plaine de la Ruzizi et les hauts plateaux d’Itombwe. Le tout axé sur la résolution du problème ainsi posé face au système d’élevage ou pastoralisme et la méfiance qui existe entre les deux groupes des paysans producteurs.

La table-ronde a été organisé par APDIK du 7 au 21 juillet 2012 sous la compétition de trois groupes d’intérêt : les agriculteurs, les éleveurs, les autorités administratives et les notabilités locales. Sous l’appui financier de l’ONG Dikonia, ce qui a permis l’identification, la mise en application de pistes des solutions suivies par un comité mixte consultatif des agriculteurs et éleveurs. Dans l’ultime but de contribuer à l’amélioration des revenus de ménages à travers la promotion de la paix entre agriculteurs et éleveurs. Et plus particulièrement à travers le renforcement de la cohésion sociale entre les agriculteurs et les éleveurs. Le tout étant sanctionné par de convenances. Et à présent des conventions ont été élaborées et des couloirs conventionnels pour la transhumance des bétails sont clairement bien définis.

Le partenariat souscrit avec Diakonia a ainsi permis de mettre en oeuvre une série d’activités pour la promotion de la paix et la cohabitation pacifique entre les agriculteurs et les éleveurs de cette partie du Sud-Kivu. Deux activités paysannes qui s’avèrent interdépendantes. Ce partenariat permet alors de sensibiliser les deux parties compétitives et dont les deux activités se complètent mutuellement. A travers leurs associations coopératives respectives et en faveur de la cohésion sociale et pour l’amélioration des revenus de leurs activités.

En fin des comptes , un comité consultatif mixte des agriculteurs et éleveurs a été mis sur pied. Par ailleurs il ya eu la création des couloirs pour la transhumance. Et par dessus tout, l’APDIK poursuit sa mission d’accompagnement des agriculteurs et éleveurs en étroite collaboration avec les autorités locales.

Innocent NSENGIMANA

L’APDIK (Association paysanne pour le développement intégré au Sud-Kivu) est née en 1996 suite à un constat des problèmes de leur milieu (Minembwe, Fizi) enclavé et soumis à diverses violations au quotidien. C’est pour rétablir l’équilibre socio-économique ainsi que les liens interhumains que les paysans (essentiellement des éleveurs de bovins) des hauts plateaux d`Itombwe et de Minembwe ont crée leur organisation paysanne. Depuis l’année 2007, APDIK, à aider les éleveurs producteurs à se regrouper en associations coopératives, pour faciliter les membres à résoudre certains problèmes communs, dont les solutions  ne  sont pas à  la portée d’un seule individu, la prévention des maladies du bétail (vaccination, contrôle des mouvements du bétail), installation des pharmacies vétérinaires dans les milieux d’élevage, l’organisation de la production laitière et l’organisation des circuits de la commercialisation de la production.  Pour ce faire, APDIK a déjà restructuré  32 associations coopératives, qui regroupent plus de 3200 agri-éleveurs.

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Un commentaire pour Vers une solution des conflits entre agriculteurs et éleveurs au Sud-Kivu

  1. Henk Breman dit :

    Vers une solution des conflits entre éleveurs et cultivateurs au Sud Kivu

    Hélas, un comité consultatif mixte des agriculteurs et éleveurs et la création des couloirs pour la transhumance, ne suffiront pas pour résoudre des conflits entre éleveurs et cultivateurs, car ils n’éliminent pas la cause principale des conflits. Cette cause principale concerne une surexploitation de l’espace disponible, aussi bien par les cultivateurs que par les éleveurs. Il serait utile de connaître les leçons du passé ailleurs ; dans le monde entier des conflits semblables se sont produites à cause de la croissance démographique. À cause du fait qu’il faut 5 à 10x plus d’espace pour l’homme qui vit de son bétail que pour l’homme qui vit de ses cultures, il y a à terme 5 à 10 fois plus de cultivateurs que d’éleveurs aussi longtemps que les productions agricole et animale. Ainsi, les cultivateurs occuperont tôt ou tard l’espace des éleveurs, et ils auront à terme bien plus de bétail que ces éleveurs. Ce dernier bétail sera peu productif ; son but sera avant tout le maintien de la fertilité des champs.

    La seule solution durable sera l’intensification de l’agriculture et de l’élevage, permettant de se créer une vie raisonnable sur une superficie bien plus restreinte.

    Henk Breman. Sint-Agatha-Rode, le 10 avril 2013

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