Province de l’Equateur, quel plaidoyer pour obtenir le financement agricole et la réhabilitation des infrastructures rurales ?

Des membres des organisations paysannes de la province de l’Equateur ont  pris l’engagement de mener des actions de plaidoyer et de sensibilisation auprès de différents acteurs agricoles ciblés afin que les problèmes de manque financement agricole, de détérioration et destruction des infrastructures rurales qui se posent avec acuité, puissent trouver des solutions durables. C’est l’un des principaux résultats de l’atelier qui s’est tenu du 16 au 18 Juin 2013, à Iyonda, localité située à 15 Kms de Mbandaka dans le cadre du projet : «  Synergie et complémentarité », initié par un consortium des ONG belges réunies autour de l’Alliance AGRICONGO.

A l’issue de cet « atelier d’analyse, d’échange et de planification du plaidoyer sur le financement agricole et les infrastructures rurale », placé sous le sous-thème : « Accès aux marchés rémunérateurs avec les produits des qualités », les 55 participants ont décidé de mener des actions qu’ils ont jugées prioritaires en rapport avec le thème abordé. Il s’agit pour les infrastructures rurales de Formuler des demandes de renforcement des capacités auprès de partenaires ; de sensibiliser des membres des Organisations Paysannes pour les cotisations. Ils vont aussi mener des plaidoyers auprès du gouvernement provincial et autres partenaires pour la réhabilitation des routes de desserte agricole actuellement en état de destruction très avancé et la construction des ponts, dépôts, porcheries modernes au profit des paysans producteurs agricoles.

Pour le financement agricole,  les participants ont retenu comme actions prioritaires de mener des plaidoyers auprès des autorités provinciales pour la mise en place du fond agricole comme l’indique la Loi agricole ; pour l’accès à ce fond agricole une fois constitué ; pour  l’accès aux crédits agricoles ainsi qu’à l’accès aux matériels génétiques des races améliorées.

Dans leurs réflexions, les participants ont aussi  identifié et retenu trois filières prioritaires qu’ils ont jugé importantes dans leurs milieux respectifs sur lesquelles ils vont consentir beaucoup d’efforts, il s’agit des filières : Riz, Maïs et Porc. Cela n’exclut pas les autres filières traditionnelles. Ils ont aussi formulé des recommandations générales pouvant permettre de relancer l’agriculture dans la province de l’Equateur qui a  perdu son label d’antan de grenier agricole de la RDC. C’est ainsi qu’ils ont recommandé aux ONG d’appui et partenaires de: Assurer la formation sur les techniques culturales et de nouvelles techniques d’élevage ; Chercher des semences de qualité et des consommateurs potentiels pour écouler les produits agricoles à des prix rémunérateurs ; Doter des organisations paysannes de  moyens de transport pour faciliter l’évacuation des producteurs ; Doter les paysans  des unités de transformations et autres matériels de travail.

Vis-à-vis de l’état, les participants ont fait de recommandations suivantes : Appliquer effectivement la Loi agricole entrée en vigueur en juin 2012 ; Installer des micro-crédits dans les centres ruraux et les rendre accessibles aux paysans ; Réhabiliter les infrastructures routières pour faciliter l’évacuation et la commercialisation des produits agricoles ; Construire des entrepôts pour la conservation des produits agricoles ; Installer  des décortiqueuses ; Construire des marchés ruraux ; Réduire les taxes ;  Construire des porcheries et d’abattoirs modernes ; Acquérir des géniteurs  améliorés pour l’élevage des porcs ; Créer des pharmacies vétérinaires…

Pour la CONAPAC, les participants ont demandé de: Poursuivre des démarches pour obtenir les mesures d’application de la loi agricole et la révision de certains articles de la loi foncière y compris  la signature de l’ordonnance présidentielle relative à la jouissance des terres par les communautés locales ; Organiser des échanges d’informations et d’expériences entre les fédérations provinciales.

Dans son mot de clôture, Monsieur Joseph Khuwa Tekasala, représentant de la CONAPAC,   a souligné que cet atelier a connu des échanges très féconds dans le partage d’expériences et dans la recherche des solutions durables à la problématique des infrastructures rurales et de financement agricole.

Il a estimé qu’après cet atelier, les paysans de l’Equateur du sud peuvent adresser des plaidoyers à différents niveaux pour solliciter le renforcement de leurs capacités en vue de leur permettre d’intensifier leur production agricole, de l’écouler et de réaliser des revenus susceptibles de transformer leur vie et leur environnement.

Les capacités des paysans étant renforcées, Joseph Khuwa pense que les gouvernements devront savoir qu’aucune politique agricole ne peut se faire avec efficacité et avec efficience sans l’implication du paysan producteur à chaque étape du processus  de la conception jusqu’à la mise en œuvre  en passant par l’élaboration.  Car, c’est le paysan qui est le centre d’intérêts de toutes les activités relatives à l’intensification et à la valorisation des produits agricoles locaux ainsi qu’aux travaux liés aux infrastructures routières, a–t-il conclu.

Pour sa part Didier Bokwala Ifaso, chargé de programme de CRAFOP, partenaire de SOLSOC, le travail abattu durant trois jours a débouché sur l’identification des succès et des limités sur le fonctionnement de ces chaines en relation avec les infrastructures rurales et les financements agricoles liés à leur contexte. Cet exercice  a permis  enfin d’identifier les actions de plaidoyer prioritaires et réalistes à entreprendre au niveau local, provincial et national.

Les objectifs étant atteints, il a demandé aux participants de passer à l’œuvre avec la restitution de l’atelier auprès de leurs organisations respectives et à l’application des recommandations liées à la réalisation des actions de plaidoyers retenues et planifiées.

Enfin, la Ministre du Budget, Joachim  Paulin Agbokuma, représentant le Ministre provincial de l’agriculture, a souligné qu’au bout de trois jours de travaux,  des réflexions profondes et constructives ont apporté des propositions  réalistes pour faire face aux nombreux  problèmes  qui bloquent le secteur agricole de la province de l’équateur.

Pour rappel l’ Objectif principal de cet atelier  a été de faire un état de lieux sur  la problématique du financement agricole et les infrastructures rurales dans les milieux de production, d’en  proposer, sur base des acquis des ateliers précédents, des pistes de solutions capables de relancer une agriculture familiale responsable, soutenue, durable et porteuse de progrès.

LVPC

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Un commentaire pour Province de l’Equateur, quel plaidoyer pour obtenir le financement agricole et la réhabilitation des infrastructures rurales ?

  1. Solidarité Paysanne au Mayombe dit :

    Merci beaucoup pour cet article qui me rappelle la dernière rencontre de Matadi initiée par AGRICONGO. En annexe vous trouverez une illustration de votre revue.   Franche collaboration.   Clément Nzungu 

    Solidarité Paysanne au Mayombe SOPAM-ONGD/ASBL Kangu-Mayumbe, Bas-congo, R.D.C. Tél. + 243-98 88 74 46

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