CONAPAC, COPACO et UNAGRICO : vers des stratégies communes face aux enjeux du monde paysan

Des grandes organisations paysannes sont nombreuses et disséminées sur l’ensemble de la RDC. Elles travaillent toutes pour les mêmes causes paysannes, mais en ordre dispersé. Chaque organisation œuvre dans son rayon d’action avec ses membres et ses partenaires. Ces grandes organisations développent une certaine méfiance des uns vis-à-vis des autres. Cette situation les empêche de réaliser de grandes mobilisations  générales sur des enjeux agricoles d’intérêt national. Mais, le rapprochement entre les organisations paysannes est en cours de réalisation.

Dans le cadre d’un nouveau rapprochement des leaders des organisations paysannes à portée nationale, RCN Justice & Démocratie (membre de l’Alliance AgriCongo) a organisé un atelier du 17 au 18 mars 2014 à Kabinda Center à Kinshasa. Les réflexions ont été axées sur les enjeux de la réforme foncière et agricole et aussi sur  l’importance du rapprochement des dynamiques paysannes. Cet atelier, unique en son genre, a regroupé  des membres de la CONAPAC, COPACO et UNAGRICO dont certains sont venus des provinces de la RDC.

L’objectif global poursuivi par cet atelier, a été de contribuer au renforcement du mouvement paysan en RDC, tandis que les objectifs spécifiques ont été d’outiller les leaders paysans  en les informant sur les différents enjeux du moment et sur les différents processus légaux actuels (loi foncière, loi agricole, leurs mesures d’application et la cohérence dans les événements importants).

D’autres objectifs spécifiques ont été  de présenter les opportunités majeures permettant aux paysans de faire face aux enjeux actuels et de favoriser le rapprochement des dynamiques paysannes par la rencontre entre structures et les échanges de différentes expériences des OP en matière de partenariat pour la mobilisation des ressources en vue de déployer une stratégie commune. Cette dimension de rapprochement de grandes organisations paysannes faisant encore défaut, mais le moment est venu  pour qu’elles  puissent se surpasser pour plaider les causes de paysans ensemble pour des résultats beaucoup plus  efficaces et durables.

Les participants se sont  penchés sur plusieurs  thèmes, premièrement: la Réforme foncière et la protection des droits fonciers des communautés locales. En effet, une commission nationale pour la réforme de la loi foncière (CONAREF) comprenant 17 membres dont une déléguée des organisations paysannes, a été mise en place le 31 Mai 2013, mais les travaux n’évoluent pas. Parallèlement, l’importance de la réforme de la loi foncière et de l’élaboration des mesures d’application de la loi sur l’agriculture, oblige les paysans à s’impliquer afin que la compréhension des concepts et des droits fonciers des communautés locales soient clairement établis et pris en compte dans les dispositions des textes qui seront produits.

Deuxièmement, au niveau de la commission d’élaboration des mesures d’application de la loi sur l’agriculture (CEMALA), les travaux sont à la phase de vulgarisation-validation dans les provinces, des textes présentés aux experts et autres composantes à Kinshasa.  Les paysans devront affuter leurs armes pour intégrer les derniers éléments en ce dernier round des travaux d’élaboration des mesures d’application.

Troisièmement, les organisations paysannes devront profiter des actions de REDD+ dans la mesure où elles ont comme objectifs la reconstitution des écosystèmes par le reboisement à grande échelle. La faible implication des paysans risque d’assister au phénomène d’accaparement des terres au profit des initiatives privées. Afin d’éviter des effets indésirables, les communautés locales doivent s’approprier les actions du projet REDD+ et que celui-ci prenne en compte les droits des paysans.

Cet atelier s’est inscrit dans le cadre du projet ANE-AL financé par l’Union européenne intitulé : « Projet d’appui aux organisations paysannes pour un développement durable de l’agriculture ». Implémenté par RCN Justice & Démocratie, les actions visent à renforcer les capacités des organisations paysannes en vue de leur participation au processus de décision d’une part, et à créer une dynamique de rapprochement entre les autorités locales et les organisations paysannes d’autre part. Ce projet accorde une attention particulière à la participation des femmes et des jeunes paysans.

A l’issue de cet atelier, le journal La Voix du Paysan Congolais a recueillis quelques réactions. Mme Rosalie Biuma, vice-présidente de la CONAPAC a salué cette initiative de RCN Justice &Démocratie, membre de l’Alliance AgriCongo, de regrouper les leaders paysans pour qu’ils puissent se parler, travailler ensemble dans certains dossiers intéressants le monde paysan.

Pour Paluku Mivimba, président de la CONAPAC, ses réactions par rapport à cet atelier sont positives dans le sens qu’il  a permis aux leaders paysans de grandes organisations de se rencontrer  et d’échanger sur les questions intéressant le monde paysan. Il a souligné que les thèmes choisis ont amené les leaders paysans vers une réflexion plus ou moins profonde sur la politique agricole et sur tout ce qui est comme organisation, concertation ou plaidoyer pour défendre les intérêts des paysans.

Pour Sylvain Kayembe, représentant de l’Union Nationale des Agriculteurs du Congo, UNAGRICO, c’est un atelier de concertation entre les grandes organisations nationales, à savoir : COPACO, CONAPAC et UNIGRICO. Elles ont réfléchi sur les questions qui touchent le monde paysan compte tenu des  enjeux de l’heure.

LVPC

 

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6 commentaires pour CONAPAC, COPACO et UNAGRICO : vers des stratégies communes face aux enjeux du monde paysan

  1. IFDP dit :

    Je pense que des réunions pareilles sont très importantes pour permettre aux acteurs de croiser leurs regards dans le souci d’optimiser leurs interventions. Cependant, il serait souhaitable de les décentraliser pour pouvoir toucher l’ensemble du pays car tout le monde n’est pas dans les trois grands ensembles. Il y a par exemple au Sud-Kivu l’Union des Producteurs Agricoles au Congo (UPACO) qui ne fait pas partie de la FOPAC Sud-Kivu mais qui regroupe petits et grands producteurs. Je voudrais aussi revenir sur la loi agricole. C’est pratiquement une usine à gaz, car elle exclut la petite agriculture paysanne mais aussi elle expose davantage les petits paysans à l’insécurité foncière à l’instar de la loi foncière de juillet 1973. C’est une loi qui vise à favoriser l’agriculture capitaliste tout simplement. Votre regard devrait plutôt se pencher sur ces questions cruciales au lieu de se fixer sur les textes d’application d’une loi controversée. J’en avais parlé à plusieurs reprises à mon ami Simplex Malembe qui est membre de la CEMALA.

  2. Bonjour;
    nous sommes un organisme de certification des produits agricoles. Nous offrons des services tels que la certification biologique, la certification équitable, la certification des fruits et légumes frais selon le règlement GLOBALGAP. Nous intervenons en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Ces services peuvent être intéressants pour les producteurs et groupements de producteurs désirant exporter leurs produits en Europe ou aux USA.
    Contactez-nous à office.burkinafaso@ecocert.com pour plus d’informations.

  3. claude Mampuya dit :

    qu’allons nous faire! car le constant est vrai, mais CONAPAC peut bien jouer le role d’unificateur et ce possible.

    claude mampuya vice président comité territoire Madimba FOPAKO/bas congo.

    • Bonjour je viens de lire le présent document sur les mouvements paysans. Dans l’ex province du Katanga s, il n’y a malheureusement pas encore d’organisation réunissant les paysans pour défendre leur intérêt. C’est ainsi que nous souhaiterions prendre des contacts avec vous pour des échanges frutueux.

  4. Le rapprochement des dynamiques paysannes ne peut que réjouir tout acteur du monde agricole. C’est regrettable que le grand Congo évolue dans l’ordre dispersé dans son domaine agricole. Il est à noter que la division est synonyme du désordre et le désordre ne peut jamais amener au développement tant cherché. A savoir aussi que la majorité des paysans sont encore ignorants de l »existence des organisations paysannes. Que vont toutes ces grandes O.P pour se faire connaître auprès des paysans et les amener à s’y adhérer ? Comment un petit paysan saura t-il le bien fondé d’une O.P s’il n’est pas vulgarisé. Pourquoi pas publier un annuaire de toutes les organisations paysannes reconnues, leurs adresses précises et les conditions d’adhésion ? Pourquoi pas créer une plate forme réunissant toutes les O.P. ?
    Je suis un acteur du monde agricole, je désire m’adhérer à l’une des O.P bien structurée mais je ne sais comment y parvenir.

  5. j’ai trouvé cet article très intéressant car il rejoint l’une de nos préoccupations à savoir comment accompagner les paysans, les petits producteurs à s’ organiser pour devenir une force car nous représentons plus de 70% de la population active de ce pays. Pour que dans le domaine de l’ agriculture les choses ne se passent plus sans que l’on ait à se référer à nous. Il serait intéressant que nos amis kinois pensent à faire le pont avec les provinces pour que le mouvement soit implanté à travers la RDC et soit représentatif..

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