Des sites maraîchers spoliés au profit de lotisseurs et de tenanciers de bars dans la ville de Kinshasa

Depuis quelques années, des maraîchers de la ville de Kinshasa sont confrontés au phénomène de spoliation de leurs terres agricoles. Face à ce phénomène, ils perdent leurs espaces ou ils exercent les activités agricoles au détriment des lotisseurs qui érigent soit des hôtels ou des bars.

Cette situation est perceptible dans certaines communes comme: Bandalungwa, Kalamu, Limete, Lemba, Masina, Matete, Mont Ngafula, Ndjili et cela se fait souvent avec la complicité des autorités municipales et autres chefs coutumiers.

A titre illustratif, dans la commune de Matete, les travaux de construction du viaduc à proximité du pont Matete, ont mis en errance des maraîchères qui ne savent pas à quels saints se vouer. Dans les communes de Masina et N’Djili, le long de la rivière de N’Djili, des maraîchers sont sous la menace de spoliateurs qui recourent à tous les moyens, même policiers pour les chasser de leurs sites agricoles.

Dans la commune de Kasa-Vubu, les maraîchères et maraîchers du site de l’ancien cimetière désaffecté, cèdent également sous la poussée de lotisseurs qui envahissent petit à petit cet espace.

Au quartier Yolo Nord, dans la commune de Kalamu, les maraîchères et maraîchers occupant autrefois des étendues de terres le long de l’avenue de l’Université, ont été évacués sur instruction des autorités communales. En lieu et place, les nouveaux acquéreurs ont érigés des kiosques.

Dans la commune de Mont-Ngafula, à la place du triangle (sur la route de l’Université de Kinshasa) des maraichers ont vu leurs terres spoliées. A Kisenso, des maraîchères exploitant le long de la rivière N’Djili ont fait les frais de l’envahissement de lotisseurs, malgré qu’elles ont brandi leurs contrats avec la descendance Nzeza N’Landu.

Dans la commune de Bandalungwa, les maraichers ont vu leurs terres arrachées à la pépinière où il a été érigé des lotissements sociaux qui ne sont même pas à la portée de toutes les bourses.

Toutes ces spoliations ont pour principales conséquences la baisse de la production des produits agricoles notamment en légumes dans la ville de Kinshasa, le découragement des maraichers qui se voient dépouiller de leurs sites agricoles, le ralentissement des activités agricoles dans la périphérie de Kinshasa. A l’allure ou vont les choses, la ville de Kinshasa risque de connaître la pénurie des légumes et autres produits maraichers sur le marché.

SHABANI OKELO Grâce

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2 commentaires pour Des sites maraîchers spoliés au profit de lotisseurs et de tenanciers de bars dans la ville de Kinshasa

  1. Spolier !?! Ont-ils (les maraichers kinois) de titres de propriétaires dûment établis par les services de cadre et de titres fonciers ou s’agit de l’occupation anarchique de terrains publics ? Avant de combattre l’accaparement de terres agricoles par les multinationales étrangères, les universitésétrangères et les Etats étrangers, il faut commencer par récupérer les terres accaparées par les habitants de villes congolaises. Kinshasa était une de villes, qui avaient le plus d’espace non lotis non bâtis, aujourd’hui, tout a disparu. Allez y voir à Lemba, du cote du terrain de foot dit terrain ya GD (vers l’athénée de Lemba). Kisangani est un exemple à suivre. Presque tout boyomais a son champ de manioc et un petit potager dans sa parcelle.

    Il faut, que l’on cesse de faire du lobbying pour les causes perdues. L’anarchie urbaine doit prendre fin, si on veut urbaniser et moderniser nos villes, et, pour cela il faut combattre l’anarchie en appliquant les lois.

    Qui a connu Léopoldville, en date du 24/11/1965 et le 17/5/1997? Qui a connu Kinshasa entre les deux dates?

    Dans la pure tradition coloniale, il y avait des espaces verts entre les cités indigènes et les cités métropolitaines (des Blancs), entre de cités indigènes, il y avait de camps militaires, de camps de gendarmerie, de camps de police. Entre les cites indigènes : de petits bois, de hautes herbes, de plantations d’avocats et/ou de pépinières.

    Entre 1965 et 2016, les T°C ont augmenté d’au moins 2°C, dans la ville de Kinshasa. L’air ne circule plus. Les services de collectes et de ramassage d’immondices sont moribonds. Les infrastructures conçues pour 750.000 habitants ne répondent plus à une population estimée à au moins 13Mios d’habitants.

    Bien sûr, sur certains espaces étaient pratiquées de cultures maraîchères, sur lesquelles étaient utilisés les déchets fumants de brasseries, qui polluaient l’air avec leur senteur nauséabonde.
    Il doit y avoir à Kinshasa, au moins une âme bien née, pour encadrer ces productrices et producteurs, et, ensemble avec les autorités provinciales de Kinshasa, entamer une démarche avec les autorités provinciales du Bas-Congo (les districts proches de Kinshasa) et les autorités provinciales du Bandundu pour que certaines terres soient mises en bail pour la production maraîchères destinées à la ville de Kinshasa. Elles peuvent y aller 5 jours/semaine et rentrer le week-end à Kinshasa. Ce que les femmes de ménages polonaises, tchèques, ce que les ouvriers polonais et tchèques font (travailler dans le villes frontalières allemandes pendant la semaine, vivre dans leurs voitures) de lundi à l’aube à vendredi, les femmes-maraîchères kinoises peuvent le faire.
    A-t-on déjà fait une étude sur le contenu en métaux lourds et autres substances toxiques dans les légumes produites à Kinshasa ? A-t-on déjà évalué le taux de pollution de l’air : émission et émission (exemple : rond-point de l’université a Ngaba pendant les heures de pointes) dans la ville de Kinshasa ?

    La production maraichere n’a pas sa place dans la ville de Kinshasa. Kinshasa suffoque sous tous les types de nuisance : nuisances olfactives, nuisances sonores et nuisances visuelles. Les problèmes liés aux débits de boissons, aux lieux de loisirs englobent toutes les formes de nuisance. L’urbanisation à coup de vrais faux documents administratifs ne peut pas être couverte par la mise en valeur.

    Les lois et les règlements datant de l’époque coloniale doivent être appliqués dans toutes leurs rigueurs. A Kinshasa, vingt-quatre heures après toute pluie, les inspecteurs du service d’hygiène de toute commune faisaient le tour de toutes les communes à la recherche de flaques d’eau, de boites de conserves ou de tessons de verre avec de l’eau etc. dans la lutte permanente contre les moustiques. Quarante-huit heures plus tard, les locataires/propriétaires des parcelles, où il y a eu de flaques d’eau etc. recevait une convocation pour aller payer une amende. Les espaces potagers sont de nids de moustiques.

    Revenons au cas de Lemba. Lorsque Lemba était une zone annexe du district du Lukunga, Lemba était la dernière agglomération construite par l’OCA (Office des cités africaines), il n’y avait aucune infrastructure : pas d’eau courante, pas d’électricité, pas de transports en commun. Les espaces entre les principales artères étaient énormes. Il était interdit de construire les murs entre les parcelles/maisons, séparées par les fils de fer. Plus tard, devenue une commune les femmes avaient commencé à planter du mais, des arachides et de patates douces sur les berges de la rivière Ngaba, cote Lemba. Ces champs disparurent lorsque les rues furent prolonges jusqu’à la rivière Ngaba. En 2016, Lemba est méconnaissable. Entre Lemba et Matete, le long de la rivière Matete, avant la construction du camp Mobutu, il n’y avait que l’herbe. Vers le camp de la gendarmerie de Matete, à droite, il y avait l’eau verte (un lac artificiel avec une eau verte), à l’endroit, ou était retiré le sable pour la construction de Lemba. En 2006, tout est habité.
    Autre phénomène anarchique : les agrandissements de maisons avec de constructions d’une ou plusieurs étages. Ceci a conduit à l’affaissement du sol : les pierres des fondations sont aux 2/3 visibles.

    Lex dura, sed lex. Terrains maraîchers, agrandissements illicites des parcelles, lotissements des terrains non appropries etc. doivent cesser. Tout doit êtredémoli aux frais de ces anarchistes. Qui veut alimenter Kinshasa avec de produits maraichers doit aller dans le Bas-Congo, Maluku, Mikondo etc. conclure un contrat légal de bail de terre ou acheter des terres agricoles légalement. Ces personnes doivent chercher un encadrement technique horticole avec la faculté d’agronomie de l’Unikin, les différentesécoles techniques agricoles de Kinshasa pour éviter les pollutions des nappes phréatiques et protéger leur sante et celle des consommateurs.

  2. john marc vilukeno dit :

    Et pourquoi ne pas mettre en place une ceinture maraîchère autour de kinshasa pour ne pas mettre à mal la production maraîchère déjà insuffisante’ et éviter le chômage à ces maraîchers qui perdent leurs espace de travail

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