PROBLÉMATIQUE DE LA PÊCHE EN RDC

Au Sud-Kivu, la pêche est l’une des activités pratiquées par le peuple riverain habitant le long du lac-Kivu. Ce lac est partagé entre la RDC d’une part et le Rwanda d’autre part.  Les activités des pêches sont limitées selon la zone dite Rwandaise ou Congolaise. De part et d’autre, c’est la pêche artisanale qui se pratique.

Les poissons sont consommés dans presque tous les ménages du Sud-Kivu et cela à une fréquence considérable.

Les pêcheurs exploitant le lac-Kivu affirment que, cette activité les aident à subvenir aux besoins des leurs familles.  Pour les anciens, ils arrivent à assurer les nécessaires à travers ce qu’ils gagnent partant de la pêche qui est devenue leur travail quotidien.

Dans l’exercice de leurs activités de pêche, les pêcheurs ne sont à l’abri des  certaines difficultés qui ne leur rendent pas  facile la tâche. Comme affirment certains pêcheurs que nous avons approché.

Pour Monsieur Shukuru, un pêcheur exploitant le lac Kivu aux abords de Bukavu, il y a beaucoup de problèmes sur le lac Kivu qui d’une part sont liés à l’insécurité (vols des matériels de pêche, tueries et  tracasseries) et d’autre part,  il y a carence des moyens nécessaires pour bien pratiquer la pêche.

« Nous utilisons comme matériels ; la pirogue, les filets maillants numéros 9 et 10 tel qu’exigé par les autorités réglementant le secteur, mais aussi nous utilisons des collements, des rames et autres » nos confie ce jeune pêcheur de Bukavu dans le Sud-Kivu.

Par rapport à la production, aujourd’hui il y a rareté des poissons surtout de la sardine appelée « sambaza »  du nom scientifique de « limnothrissa miodon », une variété beaucoup plus consommée à Bukavu suite à l’utilisation des filets non recommandés comme la moustiquaire qui attrape même des alevins, et pourtant protégés parce que non mature.

On ne reçoit l’aide de personne pour faire nos activités. Cependant chaque pécheur se débrouille soit seul en achetant ses matériels soit en coalition avec un autre pécheur qui le sous loge dans sa pirogue avec le paiement mensuel d’un montant équivalent à cinq dollars américains (5 USD$) au propriétaire de la dite pirogue.

Toute difficulté éprouvée d’évaluer la production des paysans pêcheurs sur le lac Kivu

Par rapport à la production, c’est avant qu’on savait évaluer la quantité produite en terme des kilos mais actuellement l’unité de mesure c’est le basin estimé à 25 kilos.

Quant aux importations des produits du genre, les pêcheurs confient ne pas craindre la concurrence. On n’a pas peur de la concurrence bien qu’il y a des poissons venant du Rwanda et d’ailleurs. « Là il n’y a pas des problèmes car on vend nos productions malgré tout » laisse entendre un des pêcheurs avant de s’exclamer sur le niveau de prix pour lequel ils sont moins favoris par la suite de la baisse de la cours de monnaie. «  Le seul problème qui se pose est lié au taux d’échange qui fait à ce que souvent les acheteurs nous taxent d’être chers » renseigne-t-il.

Pour la journée des pêcheurs, elle est importante affirme Monsieur Shukuru car c’est une opportunité qui permet aux pêcheurs d’être en contact avec les autorités locales ; Comme à la récente célébration où une activité était organisée et le Gouverneur était là, une occasion où les pêcheurs avaient profité pour porter haut leurs revendications pour l’amélioration des conditions de travail.

Pour d’autres anciens pêcheurs, eux ont cessé de pratiquer la pêche dans le lac pour ne faire que les tissages des filets maillants qu’ils vendent ou donnent en location aux pêcheurs moyennant quelques choses selon les conventions. Selon eux, ils ont abandonné la pêche suite à l’insécurité des pêcheurs sur le lac. Ils affirment avoir était témoins des tueries de certains des leurs collègues sur le lac, une situation qui les avaient démotivés.

Pour Martin Ephrem, « notre activité de pêche est une bonne activité dans laquelle nous retrouvons nos comptes et de même que la population à travers ceux qui vendent les poissons aux marchés. »

« Le problème qui nous perturbe est d’ordre sécuritaire car  souvent il y a des vols de nos matériels (filets, moteurs et autres) sur le lac, des tracasseries et même des tueries. » ajoute M. Martin.

Actuellement la production dépend de la période. Lorsqu’il pleut, il y a augmentation des eaux et la production diminue. Lors de la saison sèche, il y a forte diminution des eaux et ici aussi la production baisse. C’est pourquoi, le meilleur moment reste lorsqu’il y a équilibre c’est-à-dire il n’y a pas une forte augmentation des eaux, ni une forte diminution des eaux et ici, la production est appréciable.

« A notre niveau, on n’a pas peur de la concurrence des produits qui entrent ici et là car comme nous pratiquons la pêche artisanale faute des matériels nécessaires pour arriver à capturer toutes les variétés des poissons qu’il y a dans le lac, les poissons qui entrent viennent combler en terme des variétés des poissons. Nous, nous produisons les variétés qui ne sont pas souvent importés et c’est pourquoi la concurrence n’est pas déloyale pour nous. » Affirme t-il.

Néanmoins, tous les pécheurs fustigent le manque de cohésion entre eux et leurs collègues Rwandais, «  Le grand problème est qu’il n’y a pas une collaboration entre nous et les pêcheurs Rwandais bien que tous pratiquant la même activité sur le même lac. Ce manque de collaboration fait à ce que, lorsqu’il y a débordement soit des pêcheurs Congolais dans la zone dite Rwandaise ou des pêcheurs Rwandais dans la zone dite Congolaise, cette situation génère des conflits à des conséquences énormes très souvent ». Affirment-ils.

«A mon avis, la journée des pêcheurs n’a pas sa raison d’être car tant que les pêcheurs n’exerceront leurs activités en toute sécurité et dignité, cette journée, qui, je pense, doit mettre à l’honneur le pêcheur et son travail n’aura sa raison d’être ». Poursuit Martin- Ephreim.

Trésor PANDA/AJAC SUD-KIVU

LVPC

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